Trop, c’est trop : et si on simplifiait enfin le canton de Vaud ?


Il y a des matins où l’on a juste envie de pousser un coup de gueule. Aujourd’hui, c’est le mien. Parce que dans ce canton qu’on aime, on a réussi le tour de force d’ajouter de la complication à peu près partout où il était possible d’en mettre — et même là où ça ne l’était pas.
Trop de monde dans les bureaux. Chaque année, l’administration cantonale grossit un peu plus. Un nouveau service par-ci, une nouvelle commission par-là, un poste de coordinateur censé coordonner les coordinateurs. On finit par avoir des fonctionnaires dont le métier consiste à gérer la complexité que d’autres fonctionnaires ont créée. Ce n’est pas une attaque contre les gens — la plupart font correctement leur travail — c’est le système qui enfle tout seul, comme une pâte qu’on a oublié de surveiller.
Trop de cônes orange. Prenez la route, n’importe laquelle. Vous tomberez sur un chantier. Reprenez-la six mois plus tard : un autre chantier, parfois au même endroit. On refait, on rerefait, on déplace un rond-point pour le remettre où il était. L’autoroute se transforme en parcours d’obstacles permanent, et personne ne semble se demander si tout cela était vraiment nécessaire. Pendant ce temps, l’automobiliste paie, attend, et paie encore.
Trop de papier. Une demande simple génère trois formulaires, deux préavis et un délai. Pour une autorisation que le bon sens réglerait en cinq minutes, il faut un dossier, un timbre, un recommandé et de la patience. La paperasserie est devenue une discipline cantonale à part entière. On ne fait plus confiance au citoyen : on le fait remplir des cases.
Et le reste à l’avenant. Des règlements qui se contredisent, des taxes qui se superposent, des couches administratives empilées comme un mille-feuille que plus personne n’ose découper. À force de vouloir tout encadrer, on a fini par étouffer ce qui marchait très bien tout seul.
Alors voici ma proposition, toute simple : et si on remettait un peu de bon sens dans la machine ?
Moins de commissions, plus de décisions. Moins de formulaires, plus de confiance. Et avant de lancer un énième chantier ou de créer un énième poste, une seule question à se poser : est-ce vraiment nécessaire ? Si la réponse n’est pas un oui franc, on s’abstient. On verra que le canton n’en mourra pas — au contraire, il respirera mieux.
Simplifier, ce n’est pas démolir. C’est dégager l’essentiel de tout ce qui l’encombre. Vaud a tout pour être un canton efficace, vivant et agréable. Il lui manque juste le courage de se débarrasser du superflu.
Voilà. Coup de gueule terminé. Maintenant, je vais aller voir si la route est enfin réouverte.