On nous l’avait promise, cette 13e rente. Le peuple l’a votée, souverainement, comme on sait le faire dans ce pays. Et voilà que ce mardi, sous la Coupole, nos élus ont trouvé la combine du siècle pour la financer : une hausse de la TVA. Uniquement la TVA. Pas touche aux cotisations salariales — ça, c’est la ligne rouge des Vert’libéraux, qui ont une fois de plus fait pencher la balance.
Traduisons pour ceux du fond : on donne une rente aux retraités avec la main droite, et on la leur reprend à la caisse du magasin avec la main gauche. Le rentier qui touche sa 13e rente la repaiera sur son café, son pain, sa note d’électricien. Génial. C’est le serpent qui se mord la queue, version helvétique, avec procès-verbal et trois lectures parlementaires.
La TVA, c’est l’impôt le plus paresseux qui soit. Tout le monde la paie pareil, du manœuvre au banquier de la Paradeplatz. Sauf que pour l’un, c’est une part sérieuse du budget du mois, et pour l’autre, une ligne invisible sur le relevé de carte. Faire porter le financement de l’AVS uniquement là-dessus, c’est choisir, en pleine conscience, de ménager les hauts salaires et de faire passer les petits à la caisse. Au sens propre.
Et pendant ce temps, le même Parlement refuse — à une voix près, celle du président — d’ouvrir les magasins quelques dimanches de plus. On protège le repos dominical avec des trémolos dans la voix, mais le porte-monnaie des gens, lui, peut bien travailler sept jours sur sept.
Le vote final, c’est le 19 juin. Je ne me fais guère d’illusions. Mais qu’on ne vienne pas nous parler de « solution équilibrée » dans les communiqués de presse. Un équilibre où un seul plateau de la balance porte tout le poids, chez moi, dans le canton de Vaud comme ailleurs, ça s’appelle autrement : une arnaque bien emballée.
À bon entendeur.
