Votre argent finance des gens qui organisent des colloques sur l’organisation des colloques

En Suisse, il existe des centaines d’associations. Peut-être des milliers. Personne ne le sait exactement — et c’est déjà là le premier problème.

Parmi elles, un bon tiers existe pour une raison unique et noble : exister.

Elles ont un nom à rallonge avec les mots durableinclusif ou participatif dedans. Elles ont un logo fait par le neveu du président. Elles ont un site internet mis à jour en 2019. Et elles ont, surtout, une subvention cantonale reconduite automatiquement depuis des années parce que personne n’a eu le courage de demander ce qu’elles font exactement.

Ce qu’elles font exactement ? Des colloques. Des rapports sur leurs colloques. Des demandes de subvention pour financer le colloque suivant. Et un bilan annuel qui démontre, chiffres à l’appui, combien leur action est indispensable.

Le cercle est parfait. Le contribuable, lui, tourne en rond dedans.

Je ne parle pas des associations bénévoles qui distribuent des repas le dimanche soir, qui encadrent les jeunes, qui font un travail réel que l’État ne fait pas. Celles-là méritent chaque centime.

Je parle de l’autre catégorie. Celle des professionnels de la bonne conscience, payés à plein temps pour sensibiliser des gens qui n’ont rien demandé à des problèmes que personne autour d’eux ne vit vraiment.

Verdict : à la poubelle.

Pas de débat. Pas de commission d’enquête. Pas de rapport sur le rapport.

Juste un audit, un vrai, avec une question simple : Qu’est-ce que vous avez produit de concret cette année ?

Le silence qui suivra sera la réponse.

— Charlo