Ces panneaux « J’aime mieux l’herbe aux déchets » qui fleurissent au bord de nos routes ne sont pas une coquetterie administrative. Ils sont le symptôme d’un problème réel : une minorité de personnes jette ses détritus par la fenêtre de la voiture, comme si l’espace public n’appartenait à personne.
Chacun est libre de vivre comme il l’entend chez lui. Mais la vie en communauté impose des règles minimales, et ces règles ne sont pas négociables au prétexte que « c’est qu’un mégot » ou « qu’un emballage ». Ce sont ces petits gestes répétés, multipliés par des milliers de véhicules chaque jour, qui transforment nos bords de route en dépotoirs.
Un mécanisme qu’on connaît déjà
On a déjà vu ce scénario avec la vitesse. Ce n’est pas la majorité des automobilistes qui roule dangereusement. C’est une minorité qui ne respecte rien. Et c’est cette minorité qui a justifié, dans de nombreuses communes, le passage à 30 km/h en ville et à des limitations réduites ailleurs. La majorité respectueuse paie donc pour les excès de quelques-uns.
Le même engrenage guette la question des déchets. Si le civisme ne suffit pas, la prochaine étape sera réglementaire : amendes systématiques, vidéosurveillance, contrôles renforcés. Des mesures coûteuses, contraignantes pour tout le monde, et qui n’existeraient pas si chacun assumait simplement la responsabilité de ses propres ordures.
Ce qu’il faudrait faire avant d’en arriver là
• Renforcer et faire connaître les amendes déjà prévues par la loi pour le littering, plutôt que de les laisser lettre morte.
• Multiplier les points de collecte visibles aux abords des zones à risque (aires de repos, sorties de ville).
• Une campagne de sensibilisation claire, sans angélisme : rappeler que jeter ses déchets par la fenêtre est une incivilité, pas un détail.
Le canton et les communes ont intérêt à agir maintenant, par la prévention et la sanction ciblée, plutôt que d’attendre qu’une nouvelle loi generale vienne, une fois de plus, contraindre tout le monde à cause du comportement d’une minorité.
