L’initiative « alimentation sûre » : quand les écolos réinventent l’autarcie du bunker

Il y a des initiatives qui sentent le potager bio et d’autres qui sentent surtout la trouille organisée. « Pour une alimentation sûre » réussit l’exploit de cocher les deux cases à la fois, emballée dans un scénario catastrophe couleur vert kaki.

Sur le papier : plus de production indigène, plus de végétal, moins de viande. Signé par le même mouvement qui, hier encore, expliquait que les frontières sont une fiction et l’agriculture suisse un problème pour la planète. Comprenne qui pourra. Le Parlement, lui, n’a pas eu ce vertige : 194 voix contre, zéro pour — même les partis qui s’excusent d’exister ont dit non.

Le plus savoureux, c’est la contradiction que personne, chez eux, n’a vue venir. D’un côté : moins d’élevage, moins de viande, l’antienne vegan récitée comme une prière du soir. De l’autre : plus de terres retournées, plus de serres, plus d’irrigation. On ne nourrit pas un pays entier en courgettes suisses sans bétonner le paysage sous du maraîchage intensif — mais dans la tête d’un militant vegan, le mot « intensif » ne s’applique jamais qu’à l’assiette des autres.

Toujours ce même mélange de panique et de supériorité morale : eux ont compris, eux sauveront le pays, pendant que le reste de la population continue benoîtement à manger un cervelas sans se poser de questions existentielles. Sauf qu’à l’arrivée, ce ne sont jamais eux qui paient la facture de leurs contradictions.

Verdict dans les urnes prochainement. Le message des Chambres, lui, est déjà d’une clarté aveuglante.

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