La Suisse est généreuse. Trop, parfois. Et cette générosité, certains l’ont comprise avant même de poser le pied sur notre sol.
Ce n’est pas un fantasme de bistrot. Ce sont des chiffres publiés par la Confédération elle-même, que nos élites lisent le matin et rangent dans le tiroir l’après-midi : une part croissante des bénéficiaires de l’aide sociale n’a jamais cotisé un franc dans notre système. Jamais travaillé. Jamais contribué. Arrivés directement au guichet.
Le système a été conçu pour celui qui tombe. Pas pour celui qui s’allonge.
La différence est simple. Celui qui tombe, on le connaît : il a travaillé vingt ans, perdu son emploi, traversé une maladie, subi un divorce. Il a honte de tendre la main. Il veut s’en sortir. Pour lui, l’aide sociale est un trampoline — il rebondit.
L’autre catégorie a compris que le trampoline peut aussi servir de lit. Confortable. Chauffé. Avec les allocations familiales en prime.
Ce qui m’enrage, ce n’est pas la pauvreté. La pauvreté peut arriver à n’importe qui — et j’ai suffisamment vécu pour le savoir. Ce qui m’enrage, c’est le système qui ne distingue plus, qui ne contrôle plus, qui distribue par automatisme parce que poser des questions est devenu politically incorrect.
Les travailleurs sociaux qui signalent les abus se font taire. Les politiciens qui osent les chiffres se font traiter de réactionnaires. Et le contribuable, lui, continue de payer — sans qu’on lui demande son avis.
La générosité sans discernement n’est pas une vertu. C’est une faiblesse organisée.
Un filet social digne de ce nom a des mailles — pas pour laisser tomber les fragiles, mais pour ne pas porter ceux qui nagent très bien tout seuls.
Cette page est là pour nommer ce que personne ne veut nommer. Sans trembler.
— Charlo
